Ce 3 février, en fin de matinée, un incendie s'est déclaré à l'intérieur du site de l'Etablissement Saint-Pierre. Le quartier des Moulins, et plus particulièrement les habitants de la Colline Saint-Pierre sont aux premières loges ainsi que ceux de la rive gauche du Las dans cette étroite Vallée, verrou stratégique défensif Nord du Camp retranché de Toulon en temps de guerre.
Un premier périmètre de sécurité, envisagé initialement à 800 mètres autour de l'ancienne installation pyrotechnique, est fixé à 600 mètres. La circulation sur la RD 46 est interrompue. A l'heure de la mise en ligne il été envisagé de la rétablir faute d'avoir pu ventiler efficacement le tunnel incendié. En effet, aucun n'exutoire n'étant prévu dans le tunnel (bouchés lors de la dépollution et de la mise à disposition pour d'autres activités non industrielles), la man½uvre aurait était inefficace.
PC Sécurité des services incendie en aval du site, Caméra thermique, Equipements Individuels de respiration autonome, Services d'Urgence du Gaz (canalisation de grand débit à proximité), Police Nationale, Gendarmerie Nationale, Service de Déminage de la Sécurité Civile et autres services municipaux « Incendie et Sauvetage de la Ville de Toulon » étaient sur place. Un représentant de la Mairie, adjoint à la Police était présent. L'interdiction d'accès n'a pas permis d'obtenir de déclaration sur l'origine des faits, les conséquences et le maintien de la situation de crise.
Grand déploiement de matériels et d'équipes d'intervention pour ce qui s'avèrera n'être qu'un incendie de déchets dans une des alvéoles perpendiculaires au tunnel. C'est tunnels, courbes à gauche, de cent à cent cinquante mètres, prévus pour l'emprise d'une voie ferrée qui desservait successivement huit alvéoles, étaient destinés au magasinage de munitions.
Le démantèlement progressif du dispositif aura permis de rendre plus poreuse la protection. C'est ainsi que nous avons réalisé ces quelques clichés mis en ligne.
Au delà des faits, des commentaires sur la recherche de boucs-émissaires ont laissé envisager que l'incendie était la conséquence d'actes de voyous, en quête de cuivre à récupérer, dans ces installations laissées aux quatre vents. Ils auraient tenté de faire brûler les isolants pour ne récupérer que le cuivre. La proximité de l'enquête publique sur le passage à proximité d'un réseau souterrain de 225 000 volts est encore dans tous les esprits ! Tout le monde veut être « au courant » !
Le lien vers cette enquête permet de rappeler que le choix du Maître d'Ouvrage RTE d'éviter le site de l'Etablissement Saint-Pierre était délibéré. Ceux-ci ont privilégié le passage sur la chaussée, puis après le Pont Charry cheminer au pied extérieur du mur de « la poudrière ». L'enquête publique fait état de ce processus de décision. Le choix de « L'option C2 plutôt que C1 pour aborder le tronçon C5 » a clairement été dénoncé par notre association. Le registre du Commissaire enquêteur fait état de notre avis défavorable et motivé pour ce choix irresponsable. C'eut été une occasion de regarder collectivement notre passé en face. Des centaines de familles n'ont pas pu faire le deuil ; celui d'êtres chers morts au combat, lors de la Libération du Camp retranché de Toulon, du 19 au 24 aout 1944. Combien de soldats sans sépulture ? (Voir Paul Gaujac et de Linarès pour les plus récents ouvrages d'érudits sur le sujet restitué dans son contexte).
La Mairie de Toulon, partie prenante de la concertation en amont de cette enquête, par sa participation aux réunions et visites préalables à ces choix, a cautionné cet évitement (Réunion du 26 avril 2006).
Le propriétaire du foncier n'a pas engagé de dépollution au-delà de celles nécessaires à la mise en sécurité pour la construction, à l'aplomb, d'un groupe scolaire et d'un ensemble résidentiel géré par la SNI. L'érosion, depuis, fait son chemin.
Une poudrière effondrée par explosions en cascade, un tunnel obturé par les mêmes moyens, des installations opérationnelles derrière ce mur du silence, des hommes aussi. Il y aura bientôt 64 ans. Seule la surface a été explorée. Les tunnels restant, au nombre de trois, les portails d'accès, les installations industrielles périphériques, et biens d'autres traces de ce passé recomposé après guerre sont à l'abandon. Rien n'est verrouillé. Plus grave, l'érosion poursuit son ½uvre.
Un tel niveau d'intervention, pour un motif a priori aussi dérisoire (faute de communiqué officiel à notre disposition à cette heure), n'est-il pas la reconnaissance du niveau majeur de risque. Une telle mise en ½uvre – à saluer de la part des services de lutte et de sécurité – avec 800 mètres de périmètre de sécurité, est bien basée sur l'anticipation d'une conséquence, d'un scénario, envisagé dans le cadre d'un Plan de Prévention.
Point de sur réaction ici. D'où qu'elle vienne.
Les quatre victimes de la P2 sont toujours dans nos mémoires. (Voir récent ouvrage d'Albert Meuvret sur les Explosions à Toulon). La protection civile et les pompiers ont ce retour d'expérience à prendre en compte.
C'est de transparence que nous aurons besoin.
Le silence des candidats, des plus heureux comme des plus malheureux d'entre eux, depuis des décennies est éloquent.
PS : espérons que les irresponsables, qui ont semé la peur, lors de la probable arrivée de prisonniers en semi-liberté dans le quartier du deuxième Moulin, fin 2006, ne reproduiront pas leur acte en retournant auprès des parents d'élèves et associations syndicales d'habitants signaler l'événement comme un « danger ». Ne vous trompez plus de cible ; ce n'est pas une menace, ce serait plutôt une incompétence à anticiper sur la gestion de la sécurité des biens et des personnes. La décision de maintien de telles friches industrielles n'est pas de la faute des riverains. L'indécision permanente sur le devenir de ce site doit cesser. L'instabilité des composants encore ensevelis ne fait que croitre avec le temps. Et, surtout, osons donner dignement des sépultures à ces malheureuses victimes de combats, ces dépouilles de combattants morts en service. Un peu d'humanité à revendiquer et laissons aux décideurs le travail qui leur incombe. Leur mission est de gérer l'intérêt collectif et d'en établir la hiérarchisation des priorités à le faire. Notre rôle est de leur rappeler notre volonté de partager les projets de reconstruction, d'aiguillonner sans cesse et d'être au plus près du terrain. Malheureusement, les CIL, et certaines autres organisations supposées dans la mouvance de démocratie participative tout aussi institutionnalisée, privilégient le « pas de vague » et attendent que les futurs élus reprennent à leur nom les initiatives qu'ils ne font que leur murmurer timidement à l'oreille.
PS2 : la critique est aisée ... Proposons dès à présent de remplacer ces lourdes portes à coulisse par de transparentes grilles coulissantes, provisoires. Cela aurait permis que les campeurs sauvages d'aujourd'hui ne se sentent pas à l'abri et envisage d'aller jouer ailleurs. Surtout, n'abattez pas le mur. Plutôt, laissez-le comme en symbole, en séparateur de voies, en déportant le sens de la descente de la RD46 à l'intérieur de l'Etablissement Saint-Pierre. Cela aurait permis d'éviter, récemment, à une personne de ne pas se faire emporter sur un arrêt de bus qui n'en a que le nom. Dégâts collatéraux mesdames, messieurs les élus. De la PROSPECTIVE !
Reportage estival pour l'antériorité du site.Il n'a rien perdu suite à cet incident.
